Acceptation de son corps...une longue démarche.

Aujourd’hui, Denise, 54 ans, arrive à la course pour sa consultation à mon studio de styliste. Ébouriffée, elle s’excuse pour sa chevelure qui ne résiste pas au temps humide, «je dois voir le coiffeur bientôt»! Elle sort un miroir portatif de son sac, estompe une fine ligne de rose, me dit qu’elle vieillit, que sa lèvre a des commissures et que son rouge à lèvres s’y glisse facilement. Pourtant quand je la regarde ce sont ses grands yeux verts qui attirent mon regard et sa crinière de fauve qui lui confère un caractère flamboyant. Je lui souri, on se serre la main.

Tant petites ces informations soient-elles, elles sont négatives et nuisibles. Mais elles résonnent pour toutes les Denise de ce monde que nous sommes. Parce que devant moi, je vois une femme distinguée et élégante. Cependant, comme styliste et comme femme, je connais ce discours! «Je suis trop si, je suis trop ça ou pas assez si, pas assez ça».

Après 50 ans, malgré qu’on se dit plus mature et plein d’expériences de vie qui nous ont fait grandir, le sujet de bienveillance et d’amour face à notre corps qui vieillit, reste complexe. Cependant, il est primordial d’en parler et de saisir toute la pression et la détresse qui sont présentes dans notre vie à chaque fois qu’on se compare et qu’on se déprécie. On se paie des coachs de sport, de nutrition, de performance professionnelle, pourquoi pas avoir un coach beauté ? Celui pour développer l’amour de son corps, de sa puissance morphologique unique, qui est d’après moi, la grande base de la confiance en soi. Devrais-je repartir mes ateliers sur la connaissance de son potentiel beauté, qui rend sexy et fier?

Le genre humain semble refuser, depuis des siècles, sa propre anatomie. Pourtant, le corps révèle notre parcours, nos succès, notre histoire. Pourquoi recouvrir une cicatrice…qui raconte néanmoins une démarche victorieuse avec une maladie? Ou dissimuler ses formes arrondies…qui dévoilent l’immense fierté d’être une maman?

Le corps de chacun est soumis au regard public des autres. On a l’impression que nos corps sont en permanence sous l’influence de normes.  Nous y portons hélas, une attention plus que pernicieuse. Le corps qui désire se camoufler, se taire, se couvrir, s’exposer outrageusement, est un corps qui parle fort. Il dit le déplaisir, le malaise, le chagrin et fait place aux limitations, aux découragement, aux interdictions et aux excès de toutes sortes.

Nous avons tous cette petite voix intérieure contaminée d’insatisfactions. Ne serait-ce que pour l’achat d’un maillot de bain qui ne cache pas cette nouvelle rondeur aux fesses. Ou en essayant une robe courte pourtant sexy, mais qui montre des rotules fatiguées ou pour faire le choix d’un tailleur à la coupe trop près du corps, qui nous décourage dans les cabines d’essayage des magasins. Quand faut-il se dire ; assez!  Assez la gêne, assez les stéréotypes, assez les carcans, assez le dénigrement.  Un changement de regard face à soi-même est une longue démarche d’acceptation, de deuils et de reconditionnement.  Comme le corps est un bien précieux, un véritable capital d’émotions, nous devons le gérer au mieux et en prendre soin.

C’est avec joie que j’ai travaillé avec Denise. Elle m’a remerciée de lui avoir permis de se rencontrer, de se voir autrement. Son image extérieure révèle plus de liberté et de souplesse. Merci à toi Denise, l’échange a été mutuel!

Le travail face à moi-même est quotidien aussi, du fait d’avoir passé le cap de la cinquantaine. Et ce qui me dérangeait jadis déjà, me semble plus présent que jamais. Et en même temps, mon désir de mettre fin à mon discours de dépréciation est fort. «Je suis belle, je suis bonne et je suis capable», comme dirait l’autre… résonne désormais autrement. Il n’est pas seulement des mots lancés en boutade, mais un réel désir de laisser tomber cette barrière au bonheur. L’acceptation de son corps et une longue démarche et c’est comme une maladie qui affecte jeunes et moins jeunes, minces et moins minces…

Je créé la possibilité de bien-être beauté, gorgeous en tout temps. Du matin au soir, en pantoufle ou en talons hauts, avec des cernes ou ou maquillée, les cheveux hirsutes ou savamment coiffés à la Elle Québec dernier cri!

La dolce vita pour le cerveau…